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What a Waster.
Voici les mots que l’on a dans la tête en sortant du Centre George Pompidou ce soir. Pas seulement pour le single des Libertines, mais parce qu’Adam Green, ivre, mais pas que de joie, a rendu cette soirée totalement folle.


Petit retour dans le temps :

17h30, nous sommes dans le RER A, un colis suspect bloque tous les trains en direction de Chatelet. Au secours.
Gladys, notre chère gagnante nous attend patiemment et s’occupe à coup de texto.
L’heure tourne, on arrive enfin au Centre Pompidou. Les guichets sont vides, petit parcours du combattant pour récupérer nos places.
Une fois les tickets d’or obtenus, nous retrouvons notre gagnante, plongeons dans la file d’attente et faisons connaissance patiemment…

20h20, les portes s’ouvrent enfin, et nos yeux découvrent la “Grande Salle” de Pompidou, plus une salle de cinéma qu’une salle de concert, puisqu’il n’y a pour s’installer que de jolis sièges rouges face à la scène. Le cul vissé au sixième rang, la premiere partie vient vite nous rejoindre. Laura Gibson (comme les guitares) la voix fluette et la guitare légère, enchaine un petit florilège de son dernière album… doux, trop doux… pas de quoi chauffer une salle essentiellement composée de bobos…

Elle s’éclipse, les lumières se rallument, s’éteignent, le public aclame : Adam Green arrive sur scène, clopin clopant, les cheveux courts, le sourire aux lèvres…
Adam est plus qu’heureux, Adam est ivre, et cela se voit. Sur Gemstones qui ouvre ce concert (et son album éponyme) il sautille, virevolte, trébuche, mais chante terriblement juste de sa belle voix grave…

Adam Green -- Gemstones

Quelques chansons plus tard, il convie le mighty Carlos Barat à monter sur scène pour le rejoindre. Quelques accolades plus tard, les deux compères lancent un furieux ” Blood thirsty Bastards“, qu’Adam a du mal à assurer vu son état. Mais Carl, toujours très pro maintient la barque jusqu’à la fin de la chanson.

Carl Barat & Adam Green -- Blood thirsty Bastards

Adam rejoint les coulisses, nous laissant seuls avec Carl pour notre plus grande joie. Un Carl en costume, chapeau vissé sur la tête, d’une grande élégance qu’on ne lui connaissait pas encore à l’époques des Libs. Sa voix est plus ténébreuse qu’avant, son jeu plus âpre peut être… Il nous charme alors avec “Ballad of Grimaldi“, qu’il continue de jouer malgré le fait que Peter l’ait sortie en Face B Solo…

Carl Barat -- Ballad of Grimaldi

Accompagné d’un violon et d’un violoncelle, Carl nous offre alors un premier inédit solo … ” So Long my Lover “. Il écorche l’intro, puis s’envole. Sa voix est sombre, le refrain mélancolique… On se laisse emporter. Lorsque Carl finit la chanson, il apparait comme soulager d’un poids…

Carl Barat -- So Long My Lover (inédit)

Il enchaine sur la douce “Come Closer” du second opus des DPT, puis “Music When the Lights Go Out“…accompagné des cordes ! Carl revient ainsi aux origines des Libertines, puisque la première version de la chanson (legs 11) était déjà jouée au violon ! Il y ‘a de la nostalgie dans l’air ce soir.

Carl Barat -- Music When the Lights Go out

C’est alors qu’Adam débarque sur scène pour jouer… Blood Thirsty Bastards… Visiblement, notre ami New -- Yorkais n’a toujours pas retrouvé ses esprits… Le public s’esclaffe, et Carl reprend son set. Contre vents et marées, il veut montrer à son public d’un soir ce qu’il a dans le ventre… “We are all heroes” s’appelle sa sublime nouvelle composition lancinante, hypnotisante… magique !

Carl Barat -- We are all heroes (inédit)

Malheureusement Carl est malchanceux ce soir, et les problèmes techniques s’enchainent… le centre Pompidou est peut être plus doué pour mettre en place des expositions que des concerts de Rock… D’ailleurs durant tout le concert est projeté en arrière plan, le travail d’une artiste qui peint en live les images marquantes de la soirée… Amusant.

Par dépit Carl attrape une “Les Paul” (comme au tout début des Libertines) et s’attaque à Time For Heroes. Il bute sur le solo, et se rattrape merveilleusement bien.

Carl Barat -- Time for Heroes

Notre Clown adoré réapparait alors, pour interpréter en duo l’un de ses tubes au charme vintage “Friends of Mine“… Hilare, il sautille, renverse son micro… danse avec Carl qui le soulève comme une jeune mariée ! Il y a de la folie dans l’air ce soir et la complicité des deux amis est touchante.

Adam Green & Carl Barat -- Friends of Mine

Adam est alors sensé reprendre le show en solo… mais trop joyeux pour rester calme, il attrape un gros rouleau de scotch noir et découvre un nouveau jeu : Scotcher tout ce qu’il trouve. Il appelle son ami Hugo a monté sur scène, qui s’execute. Entre temps une jeune fille du public a rejoint la scène. Adam entrepend de lui scotcher les deux poignets, puis les pieds mais celle-ci refuse. Hugo quand à lui n’y échappera, et les deux victimes d’Adam devront rester scotchées, sur scène, pendant toute la prochaine chanson d’Adam… Incroyable !

Après quelques chansons, Adam retrouve son appétit adhésif et se lance dans les arts plastiques ! Une magnifique “Guitare scotchée sur micro” nous est fabriquée. Fabrication qu’il prend un malin plaisir a chevauché… puis à détruire ! Pauvre Guitare !

Adam Green détruit une guitare

Après d’autres problèmes techniques, Carl revient, chapeau sur le crane, pour le duo que l’on attend tous… What A Waster ! Enfin duo… Vu l’état d’Adam, difficile d’apprécier la chose à sa juste valeur, mais Carl imperturbable parvient à porter la chanson à bouts de bras… Comme au bon vieux temps ?

Carl Barat & Adam Green -- What a Waster

Adam entreprend d’apprendre à Carl “Kokomo“… Belle tentative, mais Carl préférera, comme souvent en fin de concert, nous montrer ses talents de batteur ! Et il n’est pas manchot dans ce domaine ! Alors qu’il s’éclipse de la scène, Adam reste pour… jouer une dernière fois avec le scotch bien sur !

Adam Green & Carl Barat : Kokomo

Drôle de soirée donc que cette réunion. Adam était hilare, Carl beaucoup plus serieux. Après la séparation de deux groupes, et les efforts colossaux pour maintenir les Libertines en place à l’époque ou Peter était incontrôlable, Carl avait-il envie de revivre une soirée où il était le seul à tenir le concert ? Pas sûr.

Mais, amis comme ils le sont, Carl ne lui en voudra surement pas longtemps… Le Centre Pompidou, par contre, n’est pas prèt de ré-inviter un gaillard pareil dans ses murs…

Après tout, le rock, c’est bien mieux dans une salle de concerts pleine de fans, que dans un musée rempli de bobos, n’est ce pas ? ;)

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